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Et si le choix du prochain Ministre de la Santé était …Audacieux ?


S’il y a une chose à laquelle les Français sont attachés, c’est bien à leur système de santé et les deux années qui viennent de s’écouler ont encore renforcé cet attachement. L’étude de la Drees publiée le 4 mai dernier le démontre avec force. Leur niveau d’adhésion au modèle de protection sociale comme au système de santé n’a jamais été aussi élevé, et leur inquiétude sur sa pérennité aussi forte, la moitié se disant inquiets à l’idée de ne pas pouvoir être bien soignés à l’avenir en cas de gros problème de santé.

Pour préserver ce qui fait la force de notre système et le pérenniser, il nous faut répondre aux enjeux de l’accès aux soins, de la désaffection des professionnels de santé, du décloisonnement ville hôpital, mais aussi garantir la soutenabilité économique en opérant la révolution de la prévention voulue par notre président de la république dans « Ma Santé 2022 ».

Et si le mieux placé pour réussir cette transformation était une infirmière ? Nous en sommes convaincus, non pas par idéologie, mais parce que l’ADN de notre profession détient une partie de la solution. Parce qu’elles sont en première ligne, qu’elles sont parfois les seules à avoir une approche globale des parcours de soins, les infirmières détiennent non pas un savoir médical mais une vision holistique de la santé. Notre formation nous conduit naturellement à adopter une approche différente de la personne soignée qui est un principe fondateur de la discipline infirmière. Plus encore, nous sommes au carrefour du sanitaire, du social et du médico-social, des secteurs hospitaliers et ambulatoires. C’est encore nous la cheville ouvrière de l’exercice coordonné.

Nous avons besoin d’un ministre qui connaisse la réalité du terrain et qui soit capable de travailler avec toutes les professions de santé.

Qui, mieux qu’une infirmière, est capable de coopérer avec l’ensemble des autres professions de santé et de les fédérer autour d’une approche centrée sur le patient ?

Qui, mieux qu’une infirmière, connait les déserts médicaux ?

Qui, mieux qu’une infirmière, connaît les problématiques du domicile, qui, plus que jamais, s’impose comme lieu de soins et lieu de vie quel que soit l’âge et que les récents scandales en Ehpad ne font que le renforcer.

Qui, mieux qu’une infirmière, sait très bien qu’un diagnostic et une prescription ne suffisent pas mais qu’il faut s’occuper de l’environnement du patient, de l’éducation, de ses ressources, de son entourage ?

Qui, mieux qu’une infirmière, reconnaît spontanément l’usager comme acteur de sa santé ?

Confier cette mission à une infirmière serait également un signal fort en direction d’une profession qui représente 65% des effectifs des professionnels de santé et sur laquelle les pays anglo-saxons ont fondé l’avenir de leurs systèmes de santé.

Il ne s’agirait évidemment pas de contester la position centrale du corps médical dans le système de santé mais au contraire de lui permettre de se recentrer sur son expertise, sur sa valeur ajoutée afin d’optimiser le temps médical notamment grâce au développement de l’exercice coordonné et du numérique en santé, dont les infirmières sont les premières utilisatrices.

Il ne faut pas croire que cela serait si nouveau. En Angleterre, dans les années 1990, Ann Keen est la première infirmière à intégrer le parlement (chambre des communes) et deviendra plus tard ministre de la santé. Toujours en Angleterre, en 2020, l’infirmière Nadine Dorries accède également aux fonctions ministérielles en santé. Avant cela, dans notre pays, Paulette Ginchard-Kunstler, infirmière en psychiatrie, avait été nommée secrétaire d'État aux Personnes âgées et c’est à ce ministère que l’on doit la loi Allocation Personnalisée d’Autonomie.

Nous le répétons. Les infirmières, au plus proche des patients et de la population se situent au confluent du médical, du médico-social, du patient, des aidants mais aussi de l’assurance maladie et du secteur hospitalier. Ce qui leur donne une vision macro du système de santé mais leur confère aussi une place unique pour provoquer des changements et être acteurs d’une transformation positive. Si nous donnions à la France une infirmière comme ministre de la Santé pour engager cette transformation, nul doute que cela insufflerait un vent de renouveau, de dynamisme mais aussi de confiance dans les Français ont absolument besoin.

Comme l’écrivait Isabelle Lasserre dans son récent ouvrage-Macron le disrupteur « Quand on accède à l’Elysée à 39 ans, après un blitzkrieg mené sans parti et sans passé politique, plus rien n’est impossible ». Choisir une infirmière comme ministre de la santé serait placé la disruption au cœur de ce second mandat !

Jean-François Bouscarain, infirmier libéral et fier d’être l’un des 140 000 « soldats » de première ligne à domicile pour soigner, vacciner et protéger le bien le plus précieux des Français leur capital santé !

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